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BLOG DE L'AMBASSADE DE L'ETAT DE PALESTINE AU SENEGAL

Chers internautes, Bienvenus sur le blog de l'Ambassade de l'Etat de Palestine au Sénégal. Nous espèrons que ces pages seront une source d’information précieuse pour tous ceux qui s’intéressent aux relations Palestino-Sénégalaises.

17 novembre 2009

Anniversaire de la Déclaration d'Indépendance

Ambassade de l’Etat de Palestine

au Sénégal, au Cap-Vert, en Gambie,

  en Guinée et en Guinée Bissau

COMMUNIQUE :

Vingt-et-un ans après la Déclaration d’Indépendance

Il y a 21 ans, le Président Yasser Arafat, alors président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine, prononçait solennellement la déclaration d’indépendance rédigée de la plume du grand poète palestinien, Mahmoud Darwich. C’était en Algérie le 15 novembre 1988, lors du congrès du Conseil National Palestinien.

Exerçant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, à l’indépendance politique et à la souveraineté sur son sol, le Président Arafat avait alors proclamé « l’établissement de l’État arabe de Palestine sur la terre palestinienne, avec pour capitale Jérusalem AI-Qods AI-Sharif » pour tous les palestiniens où qu’ils soient. Cette déclaration historique, se basait sur la primauté du droit et de la légalité internationale incarnée par les résolutions de l’Organisation des Nations unies depuis 1947. Elle reprenait les principales revendications du peuple palestinien dont le droit au retour pour les réfugiés palestiniens selon la résolution 194 de l’Onu. Ces revendications soumises à la communauté internationale restent une véritable charte des exigences nationales palestiniennes et la clé de la paix.   

Par cette déclaration, la direction palestinienne consacrait la solution de deux Etats, et permettait le déclenchement du processus politique qui allait suivre et aboutir aux accords d’Oslo. Cela impliquait le sacrifice de la majeure partie de notre territoire historique (78 %) afin de permettre l’établissement d’un Etat Palestinien sur les 22 % restant toujours occupés. Il s’agissait d’un véritable tournant politique pour le peuple palestinien qui connaissait un contexte difficile avec la répression israélienne contre l’intifada populaire commencée en 1987. En soutien aux droits inaliénables du peuple palestinien et de sa juste cause, près de 120 Etats dont le pays frère du Sénégal, avaient alors reconnu et soutenu l’Etat palestinien.

A l’aube d’un moment décisif pour le peuple palestinien, l’Ambassade de l’Etat de Palestine au Sénégal, rappelle qu’après plus de 18 ans de négociations, le processus de paix dans sa globalité est aujourd’hui dans une impasse. Elle rappelle qu’il n’y aura pas de reprise de négociations sans un arrêt complet de la colonisation sur l’ensemble des territoires occupés palestiniens, comme l’a rappelé dans son discours le Président Abbas. Depuis les accords d’Oslo, les gouvernements israéliens successifs ne cessent de saboter la possibilité d’établir deux Etats sur les frontières du 4 juin 1967. Conscients de la gravité de la situation, la direction palestinienne envisage toutes les solutions et des choix alternatifs, si la solution de deux Etats devient impossible à cause de la colonisation.

   

L’Ambassade de l’Etat de Palestine appelle, en cette date historique, la communauté internationale à rendre sa crédibilité au processus de paix, à donner une réalité à l’Etat palestinien et à mettre fin à l’impunité d’Israël. Elle encourage les Etats qui ne l’ont pas encore fait, à reconnaître l’Etat palestinien sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est, Al Qods, comme capitale.

                                                                                                                           

                                                                                                                              Dakar, le 15 Novembre 2009

Hommage de Mahmoud Darwich à Yasser Arafat

  (11 Novembre 2005 )

En chacun de nous,

quelque chose d’Arafat

( Mahmoud DARWICH )

Yasser Arafat nous a surpris en ne nous surprenant pas. Comme si la concomitance de la maladie de l’homme et de la maladie du discours imposait l’épilogue et empêchait le héros tragique de marquer de ses traits propres le destin. Pas de miracle cette fois, pas de coup de théâtre depuis que la tragédie, changée en long feuilleton télévisé, est devenue quotidienne, familière et banale.

Yasser Arafat nous avait graduellement familiarisés avec les adieux. Il nous avait habitués à une mort non convenue et non annoncée, sous un bombardement aérien ou dans l’écrasement d’un avion au désert. Mais le sort l’ayant à maintes reprises miraculé, il précédait la mort vers la vie, et nous ressuscitions avec lui dans la migration vers une destinée scintillant de la beauté de l’impossible et d’une poésie pastorale qui nous aidait dans la traversée de l’interminable chemin.

D’un exil à l’autre, notre question s’éloignait de la terre de la question et... s’en approchait avec l’éloquence d’un sang qui dessinait les bannières, et nous disions qu’il fertilisait l’idée, ravivait la mémoire et abolissait les frontières entre le réel et le légendaire.

Nous avions besoin de la légende, nous en avions même déjà écrit certains chapitres, mais la légende avait besoin de réalité. Le légendaire franchira-t-il la barre du réel ? La question est remise à plus tard.

Yasser Arafat est l’homme qui, associant pragmatisme et conviction, a réussi à apprivoiser la contradiction dans les exils ; le dirigeant qui, par les grâces d’un dynamisme hors du commun, la fusion totale de ses vies privée et publique et son acharnement au travail, est devenu un symbole.

Ingénieur de formation, il n’a pas balisé les routes. Il les a creusées entre les champs de mines. Il faudra du temps à l’Histoire pour trier les archives de cet homme- phénomène. Mais elle peut d’ores et déjà lui décerner la grande médaille de l’art de la survie, d’ores et déjà s’arrêter sur cette aventure qui, allumant le feu dans la glace, releva du prodige.

Yasser Arafat a dirigé une révolution contraire à tous les calculs. Parce qu’elle est peut-être venue avant son heure ou après, ou parce que les rapports de force dans notre région interdisent à quiconque de faire craquer ne serait-ce qu’une allumette à proximité des champs de pétrole et de la sécurité d’Israël !

Il n’a remporté de batailles militaires ni en exil ni dans la patrie. Mais il a été victorieux dans le combat pour la défense de l’existence nationale. Replaçant la question de Palestine sur les cartes régionale et internationale, il a imposé l’identité nationale du réfugié palestinien, jusque-là confiné dans l’absence. La réalité de la Palestine désormais inscrite dans la conscience universelle, Yasser Arafat a réussi à convaincre le monde que la guerre commençait en Palestine... et la paix également.

Plié avec un soin à la fois fidèle aux coutumes et symbolique, son keffieh devint le signe moral et politique de la patrie. Mais, ayant concentré toutes les questions en sa personne, il nous devint dangereusement indispensable... tel le père de famille qui ne veut pas voir ses enfants grandir et compter sur eux-mêmes. C’est ainsi qu’il nous inculqua, plus d’une fois, la peur d’être un jour orphelins, la peur que notre grande idée ne s’estompe s’il venait à disparaître. Et il se joua tant de fois de la mort que l’inconscient collectif palestinien s’emplit de la croyance qu’Arafat ne pouvait mourir, et sa légende effleura alors les frontières du métaphysique.

Mais des surprises se préparaient ailleurs. L’homme symbole venu des textes grecs avait besoin d’alléger les pesanteurs de son propre mythe car le pays réclamait désormais gestion et institutions, la fin de l’occupation, mais par des moyens nouveaux. Placé sous le regard de tous, Yasser Arafat se retrouva exposé aux reproches, aux rumeurs, à la contestation. Mais les héros, tel est leur sort, toujours acculés à des batailles inégales face à l’ennemi, doivent aussi préserver leur image dans l’imaginaire populaire.

Or lui, maîtrisant l’art de négociateur de Saladin et habité par la tolérance d’Omar, n’est pas venu monté sur son cheval blanc ou à pied devant son dromadaire. Il est venu vers sa réalité nouvelle porté sur les accords d’Oslo, dont les fondements sécuritaires grands ouverts sur d’obscures intentions faisaient peu de place à l’espoir. Mais il est quand même revenu avec à l’esprit une pensée optimiste : après tout, le prophète Moïse lui-même n’est pas revenu dans la Terre promise !

C’est un premier pas vers l’Etat, disait-il. Et il savait que la Palestine demeurait encore là-bas, dans les questions non résolues telles celles de Jérusalem ou du droit au retour, que le chemin vers leur solution passait non par les accords d’Oslo mais par les principes de la légalité internationale. Et il savait que ces principes n’avaient plus vraiment cours dans le monde unipolaire, celui-là même qui venait d’introniser Israël en puissance sacrée dispensant à la Maison Blanche ses enseignements célestes. Et il savait que le protocole présidentiel, les cartes d’identité et les passeports n’étaient pour les responsables israéliens qu’un bon moyen de divertir les affamés d’indépendance par quelques repas frugaux et rapides. Et il savait et savait qu’il n’avait fait que quitter la prison de l’exil pour une prison meublée de l’image des choses, non de leur réalité, et qu’il avait besoin d’une autorisation pour aller de sa prison de Ramallah à sa prison de Gaza, sur un tapis rouge, il est vrai, et au son d’une fanfare...

Ainsi débuta la tragédie du président, ainsi se déclara son mal politique et moral. Soumis aux conditions israéliennes impitoyables, ce grand prisonnier qui ne pouvait adhérer à la vision israélienne des choses ne pouvait plus pour autant revenir à l’énoncé originel du conflit. Et le fait que, des deux partenaires, c’était l’Israélien qui, regrettant la conclusion des accords, avait trahi ses engagements ne lui était d’aucun réconfort. Dès lors, que faire ?

Nul ne peut contester le droit des Palestiniens à résister à l’occupant. La deuxième Intifada est venue exprimer leur volonté nationale et leur désir de redonner vie à l’espoir par une paix véritable qui consacre l’idépendance et la liberté. Mais un grand débat interne demeure quant aux moyens à mettre en oeuvre pour satisfaire les aspirations tout en évitant le piège de l’affrontement armé, tant désiré par un Ariel Sharon soucieux d’inscrire sa propre guerre contre les Palestiniens dans la guerre générale contre le terrorisme.

Yasser Arafat ne pouvait plus, dès lors, qu’espérer une rébellion du destin, un miracle rétif aux temps présents. La Mouqata’a, son siège et seul domicile, s’effondrant une pièce après l’autre, il répétera avec un timbre prophétique : "Martyr, martyr, martyr", et les Arabes auront, l’espace de quelques instants, la chair de poule... Mais la répétition rend toute tragédie banale, et le siège d’Arafat relèvera de l’ordinaire des jours... Trois ans de vie empoisonnée, trois ans à respirer un air insalubre, trois ans d’invectives américaines - "il n’est plus qualifié pour..." -, trois ans d’acharnement israélien pour tenter de le dépouiller de ses prérogatives, au premier rang desquelles sa force de symbole.

Mais les Palestiniens ont cette capacité à toujours produire du symbolique : le siège du président est le symbole de notre encerclement, sa souffrance, le symbole de notre souffrance, et il est avec nous et en nous et comme nous, et nous l’aimons parce que nous l’aimons et nous l’aimons parce que nous n’aimons pas ses ennemis.

Il ne nous a pas surpris, cette fois. Nous ayant préparés à un adieu non suivi de retrouvailles, l’assiégé est sorti du siège. Parti à la rencontre d’une mort en exil, il a mis les dernières touches à sa légende. Mais il nous a laissé un peu de temps. Pour que notre tristesse apprenne à s’exprimer de façon seyante, pour que chacun de nous atteigne l’âge du sevrage.

En chacun de nous, quelque chose de lui. Il est le père et le fils. Le père d’une phase entière de notre histoire. Le fils dont nous avons formulé les mots et tracé l’image.

Lui parti, nous ne disons pas adieu au passé... mais nous entrons dans une nouvelle histoire, béante sur l’inconnu.

Trouverons-nous le présent avant de craindre l’avenir ?

COMMEMORATION DU DECES DU PRESIDENT ARAFAT

COMMUNIQUE  DE L’AMBASSADE DE L’ETAT DE PALESTINE AU SENEGAL

Commémoration du décès du Président Yasser Arafat

L’Ambassade de l’Etat de Palestine au Sénégal commémore, ce 11 novembre 2009, le 5ème anniversaire de la disparition mystérieuse du président Yasser Arafat. L’Ambassade de l’Etat de Palestine souhaite rappeler la tristesse du peuple palestinien ainsi que celle des peuples épris de justice et de paix, et saluer une nouvelle fois la mémoire du leader charismatique, grand Homme de l’histoire contemporaine, qui a consacré sa vie durant toute son énergie à construire la paix et un avenir au peuple palestinien. 

Fondateur du Fatah, il devint en 1969 le Président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Yasser Arafat incarna par son engagement pour son peuple, la tragédie vécue par celui-ci après la Nakba et sa lutte constante pour ses droits inaliénables. Il devient alors la voix de la misère des enfants aux pieds nus des camps de réfugiés palestiniens, et transporte avec lui le Keffieh symbole de cette terre perdue, de ses paysans et ouvriers. En 1974, il marqua l’Histoire lorsqu’il prononça à l’Assemblée Générale de l’Onu, ces mots qui retentissent encore par leur force créatrice dans le silence sidérant de l’époque : «Je viens à vous avec un rameau d'olivier dans la main gauche, et une mitraillette dans la droite. Ne faites pas tomber le rameau d'olivier». Ce jour, l’Onu reconnût les droits inaliénables du peuple palestinien et que l’OLP était «le seul représentant légitime du peuple palestinien».   

Assiégé dans la Muqataa, durant les dernières années de sa vie, il ne se soumet pas à la violence israélienne et au chantage international, et ne cède pas sur les droits de son peuple. Il reste aujourd’hui un véritable symbole, une figure emblématique de la liberté et de la justice à l’échelle mondiale, un exemple pour les jeunes du monde entier. Durant sa vie, il a su bâtir un cadre politique permettant au peuple palestinien de conduire sa lutte de libération, à travers l’OLP et a su guider par son génie politique son peuple apatride lui permettant de survivre à de nombreuses épreuves, traversant les évolutions mouvementées du contexte régional et international. Président de l’Autorité Palestinienne de 1996 jusqu’à sa mort, il avait reçu en 1994 le prix Nobel de la Paix pour son investissement pour les générations futures. Malheureusement, aujourd’hui ces sacrifices, sont malmenés par l’attitude intransigeante des dirigeants israéliens qui prouvent qu’ils n’ont jamais voulu de la paix et de la solution de deux Etats.

Yasser Arafat a su redonner vie au peuple palestinien alors que son peuple avait été rayé des cartes. Sous Israël, le peuple palestinien continue de vivre et de se battre pour ses droits légitimes. Le combat engagé par le président Yasser Arafat est toujours le notre et le vôtre. C’est à nous tous qu’il revient d’écrire les nouveaux chapitres d’une histoire qui nous mènera à une paix juste : un état Palestinien libre et souverain avec Jérusalem-est, Al Qods pour capitale, et le droit au retour pour les réfugiés palestiniens selon la résolution 194 de l’Onu. Abou Ammar nous marchons toujours sur tes pas.

Dakar, le 11 Novembre 2009

Liens internet sur le sujet : http://www.aps.sn/spip.php?article61787

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