Message de S.E le Président Mahmoud ABBAS, Président de l’Etat de Palestine, Président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine, Président de l’Autorité Nationale Palestinienne, à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien.


(Traduction non officielle)


S.E Mr. Ban KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies,

S.E Mr Joseph DEISS, Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies,

S.E Sir Mark Lyall GRANT, Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies,

S.E Mr l’Ambassadeur Abdou Salam DIALLO, Président du Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits Inaliénables du Peuple Palestinien,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Alors que vous commémorez la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, j’ai le plaisir de transmettre à votre réunion au siège de l’ONU et, à travers vous, à la Communauté Internationale entière, les salutations les plus chaleureuses du peuple palestinien et de ses dirigeants ainsi que notre profonde gratitude pour votre solidarité avec notre peuple et pour votre soutien dans sa lutte pour la réalisation de ses droits inaliénables et l’établissement d’une paix juste, globale et durable au Moyen Orient.

Je voudrais également exprimer notre profonde appréciation des efforts menés par S.E le Secrétaire Général des Nations Unies, Mr Ban KI-MOON, ainsi que ceux menés par le Comité pour l’Exercice des Droits Inaliénables du Peuple Palestinien et son Président, efforts visant à rétablir les droits du peuple palestinien, à mettre fin à leur souffrance et à apporter la paix dans la région. Votre important rôle contribue de manière claire et efficace à la promotion de la solidarité internationale avec notre cause et du soutien des nobles aspirations de notre peuple à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance.

Depuis ses débuts, les Nations Unies ont continuellement fait face à et assumé leurs responsabilités vis-à-vis de la question palestinienne jusqu’à sa résolution dans tous ses aspects à travers la fin de l’occupation israélienne de nos terres et lieux saints et en permettant à notre peuple de décider de sa destinée conformément aux résolutions de la légalité internationale et au consensus mondial. Les Nations Unies ont adopté de nombreuses résolutions basées sur la Charte des Nations Unies et le Droit International, notamment le Droit International Humanitaire. Bien que ces résolutions n’aient été exécutées jusqu’à ce jour à cause du refus et de l’intransigeance d’Israël, elles restent valides et constituent jusqu’à présent les fondements de la protection des droits de notre peuple et la base nécessaire à l’accomplissement de la justice, ce qui est un pré-requis à la réalisation de la paix. Nous voudrions rappeler ici que les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de Sécurité constituent la base pour le processus de paix au Moyen Orient.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il est une réalité qui ne peut ni être ignorée ni être niée, il s’agit de l’injustice historique infligée au peuple palestinien et qui perdure. Il est également une autre réalité, à savoir que nous, Organisation de Libération de la Palestine, avons, durant de nombreuses années, mené notre lutte avec un grand réalisme. Depuis 1974, nos conseils nationaux ont reconnu le principe de la résolution du conflit sur la base de la solution de deux Etats et au travers des négociations. Notre peuple a déclaré l’indépendance de l’Etat de Palestine et proposé l’initiative de paix palestinienne en 1988 et a fait une concession historique et douloureuse dans le but d’arriver à une paix qui garantisse ses droits par l’établissement d’un Etat palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est sur les frontières du 4 Juin 1967.

Mais la base de tout progrès vers un règlement pacifique est le principe du partenariat et de l’entente sur les termes de référence juridiques ainsi que le respect des accords conclus dans le but de résoudre les problèmes imposés par l’héritage de ce long, amer et sanglant conflit. Ce partenariat doit comprendre les préoccupations légitimes de l’autre et poser les assises d’un avenir nouveau et différent pour les peuples palestinien et israélien.

Je dois souligner ici que le partenaire palestinien continuera à être un partenaire réel, non pas pour embellir la face laide de l’occupation mais pour mettre fin à cette occupation. De plus, les négociations doivent être justes et conduire à un accord clair et duquel résulte un réel engagement, et cela ne veut pas dire que la partie la plus puissante, Israël, puisse avoir la permission de nous imposer constamment sa volonté. Notre engagement est ferme et fort quant à la réalisation d’une paix globale qui conduise à deux Etats viables – l’un existe déjà, Israël, et l’autre doit parvenir à son indépendance, l’Etat de Palestine – sur les frontières du 4 Juin 1967.

Dans ce cadre et sur la base de notre détermination à parvenir à la paix, nous avons répondu aux initiatives et efforts américain et internationaux pour la reprise du processus de paix et des négociations entre nous et Israël suite à une période d’interruption. Avec l’aide de nombreuses parties, arabe et internationale, nous avons pu sortir de l’impasse dont était victime le processus. Nous avions espéré que la reprise des négociations sur les questions des statuts finaux et un règlement définitif, après avoir écarté les obstacles auxquels ils faisaient face, aurait constitué un sérieux et véritable départ pour la réalisation d’une paix et d’une sécurité authentiques et durables entre nous et Israël. Pour que cela se produise, il faut aborder la détérioration du processus de paix, créer une atmosphère appropriée, construire des ponts de confiance entre les deux côtés.

Cela ne peut se faire que par le respect des termes de référence du processus de paix tels que définis par les résolutions de la légitimité internationale, par l’Initiative de Paix Arabe, la vision de deux Etats et l’application stricte et honnête des accords signés. Cela requiert de mettre un terme, de manière décisive et finale, à la campagne vicieuse de colonisation israélienne des Territoires Occupés Palestiniens, y compris Jérusalem-Est qui constitue une bombe à retardement qui pourrait détruire à tout moment tout ce que nous avons construit sur le chemin de la paix.

La confiscation des terres, l’expulsion des citoyens palestiniens de leurs maisons et la construction du Mur d’annexion et d’Apartheid, qui est condamnée internationalement, doit cesser. Les palestiniens prisonniers dans les prisons israéliennes doivent être libérés. Le siège injuste et inhumain imposé à notre peuple à Gaza doit être levé. Le transfert illégal de civils israéliens dans les Territoires Occupés Palestiniens, y compris Jérusalem-Est, doit être arrêté, car il ne peut y avoir de coexistence entre les activités coloniales et la paix. Les colonies sont une manifestation flagrante et agressive de l’occupation et de la mentalité expansionniste. Alors que la paix implique la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien, l’engagement à appliquer, dans la lettre et l’esprit, les résolutions de la légitimité internationale, le principe de la terre contre la paix, la solution de deux Etats et la feuille de route.

Il est impossible d’atteindre une paix réelle, durable et globale si elle n’est pas basée sur les résolutions de la légitimité internationale, qui appelle Israël à se retirer totalement des Territoires Occupés Palestiniens et Arabes. L’alternative est de glisser davantage dans l’inconnu. La trajectoire du processus politique doit être corrigée, l’érosion des négociations doit être arrêtée et l’engagement vis-à-vis des obligations du processus de paix juste et durable doit être réaffirmé. Cela est exigé par la justice et la loi internationale, et c’est ce qui conduira à la paix et non pas la prise en compte d’une soi-disant paix économique et de soi-disant considérations pratiques basées sur ce qui peut être « accepté » par la force occupante, état de fait qui a sapé le processus de paix et les perspectives de sécurité et de stabilité pour la région.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Ce qui pourrait éteindre le feu de la violence et contrôler les tendances extrémistes est de faire un pas courageux vers les négociations du statut permanent afin de parvenir à des accords pratiques et justes qui mettent fin à l’occupation de nos terres et de nos lieux saints et qui apportent une stabilité solide à une région qui est pleine de tensions qui constituent des sources d’éruptions à la fois visibles et cachées. C’est pour cela que nous rejetons toutes les actions unilatérales prises par Israël, la force occupante, et demandons leur cessation immédiate puisqu’elles affectent les questions des statuts finaux et constituent une tentative réelle de déterminer unilatéralement la carte de la solution finale. J’adresse donc mes mots à travers vous à la Communauté Internationale entière. Nous devons retenir les leçons des échecs précédents des efforts internationaux visant à obliger Israël à mettre fin à ses politiques de colonisation et ses pratiques d’agression qui ont causé tant de dommages au processus de paix et sapé la crédibilité d’une paix avec notre peuple.

Le cœur de ce conflit sont les activités d’occupation et de colonisation et il est temps pour le monde de traiter ce conflit à ses racines par l’arrêt de l’occupation et en permettant la réalisation de l’indépendance de l’Etat de Palestine, qui nous espérons, tel que l’a déclaré le Président Obama à l’Assemblée Générale en Septembre, sera un nouveau membre actif et reconnu des Nations Unies d’ici l’année prochaine tout en vous assurant que les Nations Unies et la légitimité internationale demeureront le sanctuaire et la référence de toutes nos décisions dans le cas d’un échec des négociations pour lesquelles, nous vous l’assurons, nous ne ménagerons aucun effort en vue de leur succès.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le peuple palestinien tient son inébranlable foi de la justesse de sa cause et de votre soutien et du soutien et de la solidarité de tous nos frères et amis qui désirent le succès du processus de paix. Nous avons donc besoin de vos efforts continus et de ceux des co-sponsors du processus de paix, notamment le Président Obama, la Fédération de Russie, l’Union Européenne, le Japon, la Chine, le Mouvement des Non-Alignés, l’Organisation de la Conférence Islamique ainsi que les frères arabes et tous les amis de par le monde et en particulier ici aux Nations Unies.

Je suis totalement convaincu, alors que nous sommes au seuil de la célébration d’une nouvelle année, que la souffrance de notre peuple prendra fin. Je suis également sûr que le renouvellement et la confirmation de votre solidarité et de votre soutien envers notre peuple, particulièrement en ce moment, renforcera notre volonté indéfectible. De même qu’elle sera renforcée par votre soutien envers notre position juste et nos efforts sincères visant à établir une paix juste, durable et globale dans la région – une paix durable et bien établie ; une paix basée sur la justice, l’équité, l’égalité, le respect mutuel et une coopération créative ; une paix qui garantisse aux peuples de la région la sécurité, la stabilité et la prospérité et qui garantisse la liberté et l’indépendance au peuple palestinien ; une paix qui tournera la page du passé avec ce qu’il contient de douleurs, de répression et souffrance ; une paix qui ouvre sur une nouvelle ère de coopération et de coexistence dans une région où il y aura de l’espoir, la sécurité et des perspectives d’un avenir meilleur pour tous nos enfants.

Nous vous renouvelons à tous notre gratitude et notre appréciation pour vos bons efforts et votre solidarité ferme et constante avec la cause de notre peuple. Et je renouvelle mon message au peuple israélien que notre main est encore capable de tirer le rameau d’olivier des décombres et elle restera tendue pour une paix juste en vue d’assurer un avenir sûr pour nos enfants et leurs enfants.

Que la paix soit sur vous.

 

Mahmoud ABBAS.

Président de l’Etat de Palestine

Président du Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine

Président de l’Autorité Nationale Palestinienne